Fiches d'information par nutriments

Les bactéries, amies ou ennemies ?

Vous êtes prêts ? Parce qu’il y a beaucoup à dire sur le sujet ! Les bactéries sont partout et elles ne nous veulent pas que du mal. Cet article va apporter un maximum d’information et de conseils sur un thème très important et vaste. Alors, accrochez vous, c’est du lourd mais passionnant et riche d’enseignement !

Les recherches et travaux sur les bactéries humaines n’ont véritablement commencé qu’en 2007. C’est vraiment très récent à l’échelle de la médecine. Des prélèvements réalisés sur un très grand nombre de personnes, ont montré qu’il y a des bactéries dans de nombreuses parties de notre corps, même dans celles que l’on croyait stériles comme les poumons. Nous avons différents micro-biotes dans lesquels la plupart des bactéries sont inoffensives et même utiles. Mais aujourd’hui, je vais surtout vous parler de celui de nos intestins.

Que sait-on des bactéries de nos intestins ?

En effet, il contient 99% des micro-organismes de notre corps tellement ils sont nombreux. Notre micro-biote intestinal peut peser jusqu’à 2 kg pour 100 billions de bactéries ! Chaque micro-biote est différent, composé de bactéries différentes qui ont des rôles différents et influencent les réactions de l’organisme. Certaines bactéries entraîneront une sensibilité plus importante à la diarrhée ou à la prise de poids… Des études ont été faites sur des souris stériles, on leur a injecté des bactéries intestinales de souris en surpoids et on a constaté qu’elles se mettaient à prendre du poids elles aussi.

Le présence de bactéries n’est pas la même dans les différentes parties de notre tube digestif. Il y en a peu dans l’estomac et l’intestin grêle et énormément dans le gros intestin ou le rectum. La colonisation de notre système digestif par les bactéries, commence dès la naissance lors du contact avec la flore vaginale et intestinale de la mère lors de l’accouchement. Un bébé né par césarienne ne recevra donc pas les mêmes bactéries qu’un bébé né par voie naturelle. Notre capital bactérien est donc déjà différent dès les premiers instants de la vie. Puis c’est notre alimentation qui aura une influence sur notre bagage bactérien et notre système immunitaire ; allaitement artificiel ou maternel, ce dernier étant le plus approprié puisqu’il évolue et s’adapte avec la croissance du bébé.

Ensuite, c’est la diversification alimentaire qui va causer la première révolution. L’univers microbien va se transformer et s’adapter à l’alimentation. Les enfants d’Afrique ou d’Asie ne développent pas les mêmes bactéries que les Européens, par exemple. L’environnement aura lui aussi son influence puisque tout ce que l’enfant met à la bouche lui apportera son lot de bactéries. On dit que l’enfant crée son capital microbien jusqu’à ses 3 ans. Celui ci est donc influencé par de nombreux paramètres et mis à mal par de nombreux facteurs.

Qui sont ces bactéries ?

Notre population intestinale est composée de 90% de bactéries venant d’une vingtaine de souches différentes. Les scientifiques ont pu mettre en évidence 3 familles principales : les bactéroides, les prevotella et les ruminococcus. Chacune de ces familles a des propriétés différentes.

Les bactéroides :

Ce sont les pros de l’assimilation, elles apprécient la viande et les acides gras saturés. Elles sont suspectées de nous faire prendre plus facilement du poids. Ces bactéries produisent également une grande quantité de biotine, vitamine très utile pour la fabrication de glucides, lipides, pour décomposer les protéines mais aussi pour la beauté de notre peau, de nos cheveux et de nos ongles. Une carence peut provoquer des états dépressifs, des somnolences, une fragilité aux infections, des troubles nerveux et une augmentation du taux de cholestérol.

Soyez rassuré si vous vous sentez concerné par ce type de symptômes, nous pouvons tous l’être. Mais ils ne sont pas spécifiques à cette vitamine. En terme de carence vitaminique, les liste des symptômes peut être longue quelque soit la vitamine.

Concernant la biotine, il existe des personnes à risque :

  • les personnes sous traitement antibiotique prolongé,
  • les gros consommateurs d’alcool
  • les personnes ayant subi une ablation d’une partie de l’intestin grêle
  • les dialysés
  • les femmes enceintes car le fœtus est un gros consommateur de biotine.

Les prevotella :

C’est l’opposé des bactéroides. Leur vitamine spécifique est la thiamine (vitamine B1). Elle est l’une des plus importantes notamment pour notre cerveau mais aussi pour nos cellules nerveuses. Un déficit est à l’origine de tremblements musculaires ou de pertes de mémoire. On peut constater d’autres symptômes comme une grande irritabilité, des maux de tête fréquents et des problèmes de concentration.

Les ruminococcus :

Ces bactéries produisent une substance, l’hème, qui entre en jeu dans la fabrication du sang.

Rôle de la flore intestinale :

1. Décomposer nos repas pour évacuer ce que l’on ne peut pas assimiler.

2. Avoir une influence sur notre poids

On ne sait pas encore bien comment, mais il existe 3 hypothèses :

  • la présence d’une majorité de bactéries spécialisées dans le métabolisme des glucides et une flore moins diversifiée.
  • l’inflammation sub-clinique : quand notre alimentation est trop grasse et en présence de certaines autres bactéries, des bactéries passent dans le sang et provoquent un début de réaction inflammatoire. Le corps stocke alors des graisses pour faire face à cet état d’alerte. Ces réserves de graisses se font dans le foie et le tissu adipeux. Cette inflammation ralentit par ailleurs la production d’hormones thyroïdiennes. Les graisses sont alors moins brûlées. D’autres facteurs déclenchent ce phénomène : un déséquilibre hormonal, un excès d’œstrogènes, une carence en vitamine D et une alimentation trop riche en gluten.
  • nos bactéries auraient la capacité d’activer les centres de récompense du cerveau. Elles seraient donc capables d’influencer nos choix alimentaires pour obtenir leurs mets préférés.

3. Fournir de l’énergie à l’intestin

4. Fabriquer des vitamines

5. Désagréger les toxines et les médicaments

6. Renforcer notre système immunitaire qui est là pour éliminer les virus, les bactéries, les cellules indésirables, les champignons… En somme, défendre notre corps contre les intrus. 80% de notre système immunitaire est localisé dans nos intestins.

7. Des études on montré que notre flore intestinale pourraient influencer notre taux de cholestérol. Mais ces études sont très récentes (2011) et ont donc besoin d’être approfondies. Cela reste très prometteur quand même.

Alors amies ou ennemies ?

Plus de 95% des bactéries sont inoffensives pour nous, voire même certaines sont nos alliées. Historiquement, nous avons fait face à de nombreuses épidémies, comme la tuberculose, qui ont poussé à une hygiène plus importante. Par ailleurs, l’industrialisation de l’alimentation tend vers une élimination d’un maximum de germes pour une meilleure conservation. Ces 2 aspects ont pour conséquence une diminution de nos contacts avec les bactéries qui engendre une augmentation des allergies et des maladies auto immunes. Il y a 30 ans, 1 personne sur 10 était allergique, de nos jours, c’est 1 personne sur 3 !

Une hygiène trop poussée peut donc être nocive. Voici 4 conseils pour avoir une hygiène normale :

Diluer :

  • Laver les fruits et légumes
  • Aérer les pièces tous les jours 10 min, fenêtres grandes ouvertes
  • Essorer au maximum les éponges et les torchons pour qu’ils sèchent entre 2 utilisations et ainsi éviter la prolifération des bactéries

Sécher :

Le séchage évite la reproduction de bactéries. Les surfaces ne sont donc vraiment propres que quand elles sont sèches.

Régler la température :

  • Avoir un réfrigérateur à 5°C max évite la prolifération de bactéries. Mais plus il est plein, moins il est efficace.
  • Laver le linge à 30°C suffit au quotidien mais vous pouvez, pour les torchons et les serviettes en cas de maladie, laver à 60°C. Les bactéries comme E.Coli ne survivent pas à 40°C et à 70°C, on élimine les salmonelles résistantes.

Nettoyer :

On préconise souvent le lavage de mains mais il n’est pas nécessaire de toujours utiliser du savon. En effet, la peau sécrète un film graisseux qui emprisonne les bactéries et les empêche de proliférer. Si on élimine trop le film graisseux, on expose la peau aux agressions extérieures. Un rinçage simple à l’eau suffit à éliminer les bactéries au quotidien. Si vous avez la peau sèche, hydratez votre peau avec une crème hydratante pour reformer un film graisseux. Vous avez sûrement déjà entendu parlé des molluscums, ces boutons qui apparaissent souvent chez les enfants. Ce sont des virus qui profitent de la sécheresse de la peau pour s’installer. Une bonne hydratation en vient souvent à bout.

La propreté, c’est un équilibre sain entre une quantité suffisante de bonnes bactéries et une petite dose de mauvaises bactéries.

L’impact des antibiotiques

Les antibiotiques ont pour rôle de tuer les agents pathogènes mais ils ne font pas la différence entre les mauvaises et les bonnes bactéries. Même si la consommation a bien diminué depuis quelques années, les antibiotiques sont encore trop souvent utilisés et à mauvais escient. Ils sont régulièrement prescrits pour des rhumes qui sont majoritairement causés par des virus. Or les antibiotiques ont 3 actions :

  • détruire les bactéries
  • empoisonner les bactéries
  • rendre les bactéries stériles.

Ils n’ont donc aucune action sur les virus !

La prise d’antibiotiques engendre une modification profonde de la flore intestinale. Ils diminuent la diversité microbienne et peuvent modifier les fonctions des bactéries et cela pour longtemps. Une expérience faite en Suède a montré que la flore intestinale d’enfants ayant pris des antibiotiques étaient encore perturbée 2 mois après le traitement. Elle contenait plus de mauvaises bactéries que de bonnes. On sait également qu’il y a de plus en plus de bactéries résistantes aux antibiotiques, or on ne développe plus de nouveaux médicaments.

4 conseils pour se préserver de cette résistance :

  • respecter les traitements prescrits par votre médecin notamment sur la durée de prise du médicament.
  • manger de la viande bio : l’élevage industriel utilise des antibiotiques qui se retrouvent dans la viande que nous mangeons et participe ainsi à l’antibiorésistance.
  • bien laver les fruits et les légumes : le fumier d’élevage est souvent utilisé comme engrais dans les champs. Si il provient d’élevage industriel, on y retrouve les antibiotiques donnés aux animaux.
  • en voyage, notamment en Asie et au Moyen Orient, ne pas boire l’eau du robinet et bien laver les fruits et les légumes crus pour ne pas ramener des bactéries inconnues à la maison.

En éliminant les bactéries, les antibiotiques laissent une place vacante. C’est le moment de repeupler ce petit monde avec de bonnes bactéries, c’est à dire des probiotiques.

Les probiotiques :

Pro bios signifie “pour la vie”, ce sont des bactéries vivantes. Ils sont présents dans notre alimentation depuis des millénaires. En effet, dans de nombreuses cultures, on a utilisé les bactéries pour conserver les aliments. Par exemple : la crème fraîche, la choucroute, le pain au levain, les fromages, le saucisson… Toutes les préparations fermentées, en fait… Or l’industrialisation a eu un véritable impact sur la quantité de bactéries présentes dans ces aliments.

Le lait est chauffé pour tuer des agents pathogènes possibles et cela supprime une partie des bactéries. On utilise le vinaigre à la place des bactéries comme pour les cornichons. Ce ne sont que quelques exemples…

Champs d’action des bactéries :

  • prendre soin des intestins en enduisant les villosités intestinales d’acides gras ce qui les rend plus stables et plus grosses. Cette augmentation de taille permet d’améliorer l’assimilation des aliments, minéraux et vitamines et une meilleure stabilité leur permet de moins laisser passer les déchets.
  • empêcher les mauvaises bactéries de s’installer en prenant leur place ou en ingurgitant leur nourriture.
  • communiquer en permanence avec notre intestin et notre système immunitaire pour savoir quoi faire et comment réagir face aux différents micro-organismes qui se présentent. Des études récentes mettent en évidence que notre intestin serait impliqué à hauteur de 10 à 15% dans le stress, la colère, le surmenage et la dépression.

Pourquoi se complémenter en probiotiques ?

Cela permet de :

  • lutter contre la diarrhée que ce soit en cas de gastro-entérite ou de prise d’antibiotiques. Mais aussi permettre d’espacer les crises dans la colite ulcéreuse ou le syndrome de l’intestin irritable.
  • renforcer le système immunitaire et ainsi faire que les rhumes soient moins fréquents et moins sévères.
  • lutter contre les allergies. Certaines études ont montré de réels bénéfices en cas d’allergie ou de dermatite atopique.
  • autres champs d’action : les troubles digestifs, la diarrhée du voyageur, l’intolérance au lactose, le surpoids, les troubles articulaires inflammatoires ou même le diabète.

Il faut compter 4 semaines de prise régulière pour juger de leur efficacité. Il est intéressant d’associer plusieurs bactéries différentes pour qu’elles s’entraident et s’installent dans notre intestin.

Pour favoriser l’implantation des bactéries, il est nécessaire que notre intestin soit en état de les recevoir.

Et c’est le rôle des prébiotiques, mot qui a pour origine Pré bios qui signifie “avant la vie”.  Ils vont favoriser la croissance et l’activité des bonnes bactéries.

Ces prébiotiques sont essentiellement contenus dans les fibres. L’avantage, c’est qu’elles ne nourrissent que les bonnes bactéries ce qui renforce leur puissance et affaiblit les mauvaises bactéries.

Quelques aliments prébiotiques :

  • l’endive
  • les salsifis
  • les liliacés (poireau, asperge, ail , oignon, aloe vera…)
  • le topinambour
  • l’artichaut
  • la pomme de terre et le riz froids

Si vous n’avez pas l’habitude de consommer des fibres, augmentez la quantité progressivement au risque d’être gêner par des gaz en quantité excessive. Sachez que les gaz sont dus à nos bactéries, quand tout va bien, ils sont inodores. A l’inverse, une mauvaise odeur est le reflet d’une perturbation de votre flore intestinale.

Comment bien choisir les probiotiques :

Plus il y a de souches différentes, mieux c’est. Il faut à la fois des lactobacillus et des bifidobacterium. La quantité de ferments, que l’on appelle UFC, est importante ; un minimum de 5 milliards est indispensable. Vous pouvez en changer régulièrement pour multiplier et varier les souches.

Mes préférés sont ceux là :

probiotiques

ils contiennent 6 souches différentes et 8 milliards d’UFC. La capsule est spécialement étudiée pour résister à l’acidité de l’estomac, elle est gastro-résistante. Les bactéries sont donc libérer dans le gros intestin. La gélule est faite à partir de prébiotiques aidant l’installation des probiotiques. Vous pouvez les commander en suivant ce lien : Commander mes probiotiques. Vous les retrouverez dans la boutique, dans l’onglet Forme, nutrition.

En résumé :

Les bactéries sont essentielles à notre vie et à notre bonne santé.

Nous savons déjà qu’elles ont de nombreux rôles et ont un impact important dans de nombreux troubles de la vie quotidienne et de nombreuses pathologies. Nous en sommes qu’au début des recherches et il est probable qu’on leur découvre d’autres bénéfices.

Mes conseils :

  • Manger régulièrement des prébiotiques et des probiotiques
  • Limiter la consommation d’antibiotiques
  • Faire une cure de probiotiques régulièrement à raison de 1 gélule par jour  pendant 4 semaines.
  • En cas de gastro-entérite ou de diarrhées, vous pouvez prendre jusqu’à 6 gélules par jour pour traiter les symptômes et rétablir l’équilibre.
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